Delanoe Paris 2008
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UN TEMPS D'AVANCE
PARIS

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20 septembre 2007

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Bonjour,

J’aime bien vous retrouver de temps en temps, d’abord pour vous remercier de faire vivre ce débat, ce Paris qui aime inventer, critiquer, créer, et surtout qui aime vivre ensemble. Donc après vous avoir dit merci, vous dire que je viendrais de temps en temps, mais il y a aussi beaucoup de femmes et d’hommes de l’équipe qui animent Paris qui viendront dialoguer avec vous, vous donner un sentiment, réagir aussi à ce qui vous intéresse le plus.

Moi je voulais simplement vous dire aujourd’hui, que j’arrive de l’aéroport parce que je suis allé passer 24h à Berlin avec mon ami Klaus Wowereit, le maire de Berlin, pour fêter les 20 ans de coopération et d’amitié entre nos deux villes. Alors nos prédécesseurs avaient commencé, simplement nous avons voulu, Klaus et moi, donner une grande force à cette coopération dans le domaine culturel, dans le domaine des entreprises culturelles, dans le domaine de l’urbanisme où nos équipes travaillent ensemble très régulièrement, s’influencent l’une l’autre. La ville de Berlin et la ville de Paris sont très différentes. Paris est petit, 105 km² et Paris est contraint par un patrimoine. Malheureusement, Berlin a été détruit, Berlin a été déchiré, coupé en deux et en revanche c’est une ville extrêmement grande et les animateurs de cette ville ont beaucoup de terrain contrairement à nous, à aménager. Et donc nous partageons beaucoup. Mais je veux vous dire que si je me suis à ce point engagé, depuis six ans et demi, dans la relation aux autres grandes capitales de l’Europe, c’est une affaire de conviction.

Paris est une ville qui compte en Europe. Paris est une ville qui est aimée en Europe et nous sommes le produit d’une histoire. Ce n’est pas par hasard que lorsque Klaus Wowereit, le maire de Berlin, viendra dans dix jours à Paris pour me rendre ma visite, nous inaugurerons une belle place à Paris, qui sera la place du 9 novembre 1989. Le jour où le mur de Berlin est tombé, c’est toute l’Europe qui allait mieux. Cette Europe elle a des défauts mais n’oubliez pas que c’est le seul instrument que les citoyennes et les citoyens de ce continent aient à leur disposition pour défendre la paix, pour défendre la liberté, pour défendre la démocratie et alors partager le développement, les expériences. Nous avons des relations avec Londres, Vienne et les villes capitales des pays qui sont rentrés plus récemment dans l’Europe et je crois que c’est très important même si nous le faisons également avec les autres villes du monde, que Paris ait le sens de ses responsabilités. Pas de manière arrogante, pas de manière orgueilleuse. Le sens des responsabilités c’est que c’est une ville qui est aimée dans le monde quand elle a le goût du partage. Et donc si, je vous en reparlerai à d’autres moments, nous avons une activité assez intense avec beaucoup de grandes villes du monde, et surtout les grandes associations de pouvoirs locaux dans le monde, je veux vous dire aujourd’hui que c’est une question de conviction pour moi que Paris soit engagée dans le réseau des villes européennes, pour qu’on s’apprenne les uns aux autres, pour que l’on profite par exemple avec Londres, nous partageons des analyses, des expériences, des projets sur ce nouvel urbanisme écologique. Nous faisons dans nos deux villes, des quartiers qui sont totalement haute qualité environnementale. Avec Rome, vous imaginez qu’en matière de patrimoine et là aussi en termes d’entreprises liées à l’activité culturelle, nous avons pas mal de choses pour nous épauler.

Je vous le dis parce que je crois que c’est notre avenir, c’est notre histoire de demain, celle que nous devons construire mais avec un idéal, avec des convictions, avec du sens. D’ailleurs Paris est une ville qui accueille beaucoup d’européens. Paris est une ville où vivent beaucoup de nos amis européens. Ce n’est pas par hasard non plus qu’il y a 6 ans et demi j’ai demandé à Anne Hidalgo, qui a la double nationalité, française et espagnole, d’être la première adjointe de Paris. En plus, Anne est l’héritière d’une famille qui a combattu la dictature espagnole. Pour moi, ça a du sens. Et donc, que nous soyons dans cette ville de Paris aussi avec ceux qui y vivent, ceux qui la font, ceux qui l’influencent, ceux qui créent son âme d’aujourd’hui, c’est tout à fait fondamental.

Donc Paris, une ville qui aime l’Europe et d’ailleurs vous avez vu – peut-être que vous ne l’avez pas vu encore d’ailleurs – que parmi les propositions que je ferais pour les années qui viennent, nous avons une maison de l’Europe à Paris qui est municipale et qui fait déjà un travail formidable et mon adjoint aux relations internationales, Pierre Shapira, m’a proposé que nous créions un lieu, un centre de ressources finalement pour tous ceux, européens, qui vivent, français ou non, qui vivent à Paris et qui veulent avoir des informations, qui veulent savoir ce qu’il se passe. Et puis, pour ceux qui passent à Paris, européens ou non, et qui veulent en savoir plus, qui veulent même participer plus à ce qu’est la civilisation européenne.

Donc, je ne vous parlerais pas que de l’Europe pendant ces six mois, j’ai vraiment très envie de vous parler du reste du monde mais rentrant de Berlin aujourd’hui, voilà, c’est ce que m’inspirait l’envie de passer un petit moment avec vous.
Les élections n’ont lieu que dans six mois, donc comme elles ont lieu dans six mois, je pense que c’est le moment de se dire plein de choses, de se les dire franchement, de s’apprendre des choses les uns aux autres d’ailleurs, pour que l’on partage bien la même analyse de notre ville aujourd’hui et surtout, je vous le redis, je veux inventer l’avenir de Paris avec vous et donc merci aussi de vos contributions futures.

L'interview dans Le Parisien
le 4 septembre 2007

La déclaration de patrimoine de Bertrand Delanoë