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Discours sur Nicolas Schöffer (2)

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Nicolas Schöffer (Schöffer Miklós) est un sculpteur et plasticien français d’origine hongroise. Il est né à Kalocsa en Hongrie, le 6 septembre 1912, et mort à Paris, le 8 janvier 1992. Il fut l’un des principaux acteurs de l’art cinétique, mais surtout de l’art cybernétique, appelé aujourd’hui art interactif, en réalisant les premieres oeuvres temps réel de l’histoire de l’art. Bertrand Delanoë s’exprimait à l’occasion de la pose d’une plaque en son honneur, jeudi 6 septembre dernier à la villa des Arts où il vécut.

Qu’est-ce que je veux moi ? Je veux qu’ici d’abord les artistes gardent leur droit au logement et à la création dans Paris intra-muros. Et avec quoi, mon cher Christophe Girard, c’est pas rien, pas assez encore, mais avoir augmenté le nombre d’ateliers d’artistes à Paris depuis 6 ans et demi de 30%, c’est un encouragement pour faire beaucoup plus.
Si nous, puissance publique, les représentants des citoyens, si nous n’achetons pas des lieux voués à la spéculation pour y maintenir les artistes et je l’assume, même si ça agace certains d’entre vous, pour y faire 35 logements sociaux, ici. Si nous ne faisons pas ça, si nous n’achetons pas ces lieux de patrimoine, rue Molière et ailleurs, si nous n’achetons pas des immeubles pour vous y loger, je veux que les parisiens restent dans leur ville et puisqu’il y a un nouvel attrait à Paris et que sa population se renouvelle, je veux que Paris accueille les Nicolas Schöffer d’aujourd’hui.
Et que voulez-vous ? Paris avait perdu 171.000 habitants entre 1975 et 1999, ce qui était un appauvrissement considérable. Depuis 5 ans, il y a 28.000 habitants de plus. La population reste, les familles sont un peu plus nombreuses, plus d’enfants, et elles se renouvellent et bien tant pis, on va gérer ça Jean-Yves. On va les accueillir, moi je veux qu’ils restent. Je veux même que ceux qui rêvaient en Tunisie et à Rodez de Paris puissent venir y vivre, y compris à la Villa des Arts. Et bien oui. Si on n’en accueille pas de nouveaux, on va faire comment ? Et c’est petit Paris, 105 kilomètres carré. Alors voilà, je ne me suis pas éloigné de Nicolas Schöffer, parce que si Paris devient une ville immobile, une ville qui a peur des autres, si cette ville ne se donne pas les moyens aussi gestionnaires et je l’assume, de permettre à ceux qui l’aiment, à ceux qui l’aiment, de venir ici vivre leur liberté et leur créativité.
Tout se tient. La démocratie, les droits de l’homme, la liberté et la justice. Et la justice elle passe aussi à Paris par le logement. Mais que serait tout cela s’il n’y avait pas l’intelligence, la culture et l’art ? Alors je vous le dis, ce même engagement, il est aussi, quelles que soient les difficultés et je les connais, pour votre projet culturel. Alors pas tout ici. Il y a le 104 rue d’Aubervilliers, qui est quasiment dans le 18ème et qui va vous passionner, vous allez voir, c’est pour le mois de Mars. Vous allez vous, les artistes de la Villa des Arts, adorer le 104. Je veux prendre en considération votre projet à vous. Peut-être pas exactement comme vous l’avez rêvé, mais on va le prendre en compte, on va le relier au 104 et ici je veux que nous démontrions tous ensemble que nous pouvons être les serviteurs de la liberté, de la justice par le logement ici à la Villa des Arts et en même temps de prendre appui là-dessus pour faire un projet pour vivre une ville qui dit que rien n’est plus grand que la connaissance et la beauté. En fait, depuis le début de mon propos, je ne vous parle que de Nicolas Schöffer.

L'interview dans Le Parisien
le 4 septembre 2007

La déclaration de patrimoine de Bertrand Delanoë