RESPIRATIONS

“Ticket d’entrée”, de Joseph Macé-Scaron

29 juin 2011

Ticket d’entrée, c’est l’histoire d’un étranger… Celle d’un homme, Benjamin, qui refuse d’entrer dans les cases, qui se rebelle- mais sans violence- contre les normes, et qui, à bien des titres, a choisi d’assumer ce qu’il nomme ses différences- ou plutôt de les vivre, simplement.

Mais rien n’est simple dans la vie de cet irrégulier. En surface tout va bien : un emploi stable et valorisant, une apparence physique avantageuse, des relations, des amis, une existence active et alanguie de « bobo ». Mais à peine plus loin sous la surface, apparaît le sentiment, parfois diffus et parfois obsédant, de se heurter à des portes fermées. Ni les « communautés », ni les coteries, ni les salons, ni les cercles militants, ni la société qui se considère comme bonne, ni celle qui se voudrait mauvaise, ne sont pour Benjamin des foyers… Nulle part il n’a son ticket d’entrée.

Cette vie trop simple et trop compliquée est racontée sans affectation, sans coquetterie, avec beaucoup de légèreté, de distance, et surtout ce qui caractérise le plus le talent de Macé-Scaron : un humour remarquable, une sorte de moquerie sans fiel, une ironie portée sur soi-même plus que sur les autres. Lucide et souvent désenchanté -mais pas toujours-, avec une remarquable qualité d’écriture, Ticket d’entrée pourrait tout entier se placer sous cette épigraphe de Paul Léautaud, inscrite par l’auteur en tête de l’un des ses chapitres : « La sincérité c’est bien à l’égard de soi-même ; à l’égard des autres c’est sans intérêt ».

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