RESPIRATIONS

“Rêve d’automne”

21 janvier 2011


Jeudi soir, au théâtre de la Ville, Rêve d’automne, de Patrice Chéreau. Un moment rare. Dans un musée, qui est le cimetière des âmes mortes, c’est le néant qui se dresse dans ce qu’il a de plus simple et de plus mystérieux… Et, par la magie du théâtre, c’est un néant plein qui apparaît- plein de tendresses évanouies, de regrets inexprimés, d’appétits inassouvis, et d’un amour qui meurt, lui aussi, bien sûr, mais qui reste, dans le temps, comme une ombre. Le talent de Chéreau confère à cette immense noirceur une sorte de lumière, où le spectateur puise autant d’apaisement que d’angoisse, et où planent le sourire d’une mère, la permanence d’un désir, et le souvenir d’une vie…


Merci à Valeria Bruni-Tedeschi, à Pascal Greggory, à Bulle Ogier, d’aimer assez ardemment la vie pour évoquer si profondément la mort. Merci à tous les comédiens, qui sont tous excellents, car c’est aussi la cohérence de la totalité qui fait la force et l’âme de ce spectacle.


Ce jeudi, dans ce joyau de la vie culturelle parisienne, l’expression « spectacle vivant » prenait décidément tout son sens.

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