RESPIRATIONS

“Petit lexique amoureux du théâtre” de Philippe Torreton

30 novembre 2009

Rarement livre aura si bien porté son nom que ce Petit lexique amoureux du théâtre de mon ami Philippe Torreton. Car c’est bien, au fil des mots et des pages qui peuplent ce lexique, d’amour qu’il s’agit: amour du comédien pour un lieu, la salle, où chaque jour il met en jeu une large partie de lui-même ; amour pour les textes et les mots qui se disent et s’entendent; amour pour le jeu où, on le sait depuis Diderot, le comédien paraît d’autant mieux être celui qu’il joue, qu’il s’y identifie le moins. Cet amour, Philippe nous le fait partager. J’aime cette absence de dogmatisme qui le conduit à défendre aussi bien le théâtre privé que le public: tous deux “bâtiments dans lesquels on fait du théâtre”, à défendre les auteurs, les acteurs, tout simplement l’art.

Au hasard des mots, c’est la vie du théâtre qui nous est ainsi décrite, celle de ces femmes et de ces hommes de l’ombre qu’on ne voit jamais, techniciens, machinistes. C’est aussi la vie des comédiens habités par le “trac” qui précède la pièce. Ce sont les incidents, parfois drôles, parfois tragiques que le public remarque à peine et qui occupent les comédiens, la joie du succès, l’angoisse de l’échec, les bonheurs partagés.

Mais Philippe Torreton est aussi un comédien engagé qui affirme ses convictions et ses passions: ainsi, le Festival d’Avignon, dont il rappelle avec justesse qu’il est né d’une grande utopie, celle de Jean Vilar ; l’enseignement artistique qu’il a tellement raison de défendre comme le seul moyen de permettre à tous d’avoir un réel accès à l’art ; l’intermittence dont il souligne que le régime tire sa source de la considération apportée aux artistes par le Front populaire ; le ministère de la Culture qu’il s’attriste de voir devenir une maison consacrée exclusivement aux finances et à la procédure là où devraient régner, ce qui était le cas jadis, audace, imagination inventivité.

Oui, au fil de ses pages, Philippe dévoile une partie de lui-même : acteur certes mais d’abord homme engagé, convaincu que les œuvres théâtrales contribuent à rendre notre monde plus juste et les hommes meilleurs. Ayant refermé ce livre, je me suis dit que j’étais à la fois heureux et fier de l’avoir à mes côtés au Conseil de Paris, au service de ces causes pour tous les Parisiens.

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