RESPIRATIONS

La vie littéraire sous l’occupation

16 mai 2011


Comment écrit-on au cœur du désastre ? Cette question interroge la conscience humaine dans ce qu’elle a de plus absolu. C’est ce sujet qu’aborde l’exposition que consacre l’Hôtel de Ville à la vie littéraire sous l’occupation.


C’est, avant tout, un témoignage irremplaçable sur un moment de notre histoire collective. Depuis la drôle de guerre jusqu’aux lendemains de la Libération, apparaissent, de la collaboration active à la lâcheté, et de la résistance passive à l’héroïsme, toutes les nuances qui font que l’homme est – plus ou moins – homme. On découvre par quels détours les esprits les mieux alertés sombrent dans les séductions de la compromission, tandis que d’autres, parfois plus indolents ou moins sensibles aux vertus de l’engagement, ont su prendre le risque du combat de plume.


Penser, écrire, publier, sous la botte, c’est aussi une affaire technique, avec ses obstacles à déjouer, et ses règles, à accepter ou refuser. Cette exposition en donne une idée très précise, éclairée par l’importance que l’Allemagne accordait à la mise au pas de l’intelligence française. Cette phrase d’Otto Abetz, l’ambassadeur d’Allemagne en France pendant les années noires, dit tout en quelques mots : « Il y a trois objectifs non militaires à contrôler en premier lieu : le communisme, la haute banque, et la NRF… »


C’est, enfin, une page de l’histoire de Paris qui s’écrit dans cette eposition : la Ville lumière y apparaît jusque dans ses ombres et dans sa nuit. Merci à Claire Paulhan, Robert Paxton, et Olivier Corpet , d’avoir su restituer cette part de notre destin commun, et de nous livrer, avec la force du talent, cette page d’histoire inestimable.

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