VU, LU AILLEURS

Où en est la social-démocratie ?

23 septembre 2009

Par Antoine Colombani, dans la Vie des idées. Cet article s’appuie sur plusieurs analyses publiées dans le n° d’avril-juin de Critique internationale sur la question des « troisième voie » (allemande ou anglaise), des politiques publiques de santé et des transformations qui ont affecté l’action publique ces dernières années pour nuancer l’opposition habituellement établie entre le socialisme planificateur des années soixante et l’acceptation du capitalisme survenue trente ans plus tard.

Une telle conclusion semble suggérer un changement du cadre d’analyse classique : plutôt que par l’affirmation de « la primauté du politique » sur les forces du marché ou de la « démarchandisation », la social-démocratie se caractériserait par des formes complexes de complémentarité entre le marché et l’intervention publique. La réussite du projet social-démocrate, qui passe en grande partie par la construction de l’État-providence, dépend aussi de la pérennité et de la vitalité du système marchand lui-même. Comme le note justement Yohann Aucante dans son introduction, « il est relativement clair que les régimes sociaux-démocrates se sont construits pour une grande partie sur les succès du capitalisme et sur la conquête de marchés extérieurs, et que la plupart des pays qui ont le mieux réussi dans le domaine des politiques sociales étaient des pays ouverts et exportateurs ». La générosité de l’État-providence est conditionnée par une croissance économique qui dope les recettes fiscales et limite les dépenses liées au chômage. C’est aussi pour cette raison qu’il ne faut peut-être pas être surpris de voir la social-démocratie en difficulté lorsque la machine capitaliste est grippée.

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