VU, LU AILLEURS

Débats autour du PIB

6 septembre 2009

Les enjeux économiques, sociaux et écologiques actuels font du produit intérieur brut un indicateur dépassé. Si la crise est l’occasion de remettre à plat tous nos schémas, peut-être pouvons-nous repenser, à l’image des Anciens, le bonheur et la plénitude comme horizons de la vie. Ce dossier d’Alternatives économiques montre avec beaucoup de nuances qu’autant il est difficile d’appréhender une qualité de vie à l’aide de chiffres, autant il est difficile de faire exister une réalité sans la nommer et sans la mesurer.

« P.I.B. : le compte n’est plus bon »
La crise actuelle illustre l’aveuglement que produit l’impérialisme du PIB. A force de sacraliser la croissance, on en a négligé les autres indicateurs qui signalaient l’accumulation des risques. Ainsi, explique l’économiste Jean Gadrey, « la vive croissance américaine des dix dernières années a pu être érigée en exemple à suivre, alors qu’elle n’était soutenable, ni sur le plan financier et économique, ni sur le plan social (la majorité des Américains a en réalité connu une décennie de stagnation ou de déclin), ni sur le plan environnemental (tous les indicateurs physiques montrent un dépassement des seuils d’alerte) ».

« Un enjeu démocratique » Entretien avec Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) et coordinateur de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, présidée par J. Stiglitz.
Plus généralement, il faut essayer de mieux mesurer dans les comptes nationaux ce qui compte vraiment pour les gens et privilégier le point de vue des ménages dans le choix des indicateurs. Par exemple, en mettant en avant des indicateurs de revenu plutôt que de production.

« Associer les citoyens », Entretien avec Jean Gadrey, professeur d’économie et membre de la commission Stiglitz.
Dès lors qu’il s’agit de définir ce que sont la richesse et le progrès des sociétés, des jugements de valeur interviennent et des acteurs sociaux multiples doivent être parties prenantes du processus de mise au point des indicateurs. La commission Stiglitz ne comprenait que des experts, qui plus est uniquement des économistes, et seulement deux femmes. Ce n’est pas neutre.

Dossier à retrouver dans le magazine Alternatives économiques de septembre 2009.

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