LES ÉDITOS

Stature internationale, de l’artifice à la réalité

29 mai 2012

La stature internationale d’un homme d’Etat repose à la fois sur sa capacité à rester fidèle aux engagements pris face à son peuple et sur sa capacité à influencer ses partenaires. Elle requiert de la crédibilité, de la sincérité et de l’habileté.

Pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy s’est essayé à être, sur la scène internationale, l’homme de concorde qu’il ne pouvait pas être sur la scène nationale. Cette posture artificielle s’est muée en échec.

Depuis deux semaines qu’il porte la voix de la France dans le monde, François Hollande démontre au contraire que sa stature, après avoir convaincu les Français, lui vaut aujourd’hui le plus grand respect de ses partenaires, présidents et chefs de gouvernement. Il n’a pas gagné ce respect en adoptant un comportement de circonstance, mais bien en portant hors de nos frontières les valeurs qu’il a su défendre à l’intérieur du pays.

Il a, dans les jours qui ont suivi son élection au cours du dernier G8, défendu avec calme et détermination vis-à-vis d’Angela Merkel et Barack Obama le combat pour la croissance sur lequel il a été élu par les Français. Il a établi des convergences avec le président américain et a assumé efficacement le mandat que le peuple français lui avait confié.

De la même manière, parce qu’elle a été à la fois clairement affichée et calmement négociée, son exigence d’un retrait anticipé, dès la fin de l’année 2012, de nos troupes combattantes en Afghanistan, a été bien reçue et acceptée par nos alliés.

En défendant auprès des partenaires historiques de la France les options qu’il a défendues au cours de la compagne présidentielle, il a rendu à notre diplomatie l’influence réelle que les volte-face de son prédécesseur avaient fini par éroder. En préférant le dialogue au rapport de force, la proposition à l’oukase, les réalisations concrètes aux voeux pieux, il leur a donné à voir, en toute sincérité, les qualités qu’il possède et que les Français lui ont reconnues.

La stature internationale ne se décrète pas. Elle se conquiert en défendant des positions fondées sur des principes, exprimées avec la plus grande sincérité, ce qui n’exclut pas l’habileté dans leur exécution ou la négociation.

C’est ce que François Hollande a compris, et qui lui vaut la reconnaissance des Françaises et des Français, viscéralement attachés au rang et aux devoirs de notre pays sur la scène internationale.

Bertrand Delanoë

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