LES ÉDITOS

Pour une ville plus belle et plus vivante

6 juillet 2010

Le projet d’aménagement des berges de la Seine


Intervention au Conseil de Paris, séance du 6 juillet 2010



Mes chers collègues,


Nous en avions pris l’engagement devant les Parisiens, nous tiendrons parole : en 2014, Paris aura changé. Et ce matin nous débattons de l’un des actes majeurs de ce changement.


Disons-le simplement- les bords de la Seine à Paris sont un site unique au monde, ils sont d’ailleurs classés, par l’Unesco, au patrimoine mondial de l’humanité. Or, aujourd’hui, sur 26 kilomètres de berges, 7 sont exclusivement dédiés à la circulation automobile. Nous devons corriger cette anomalie. Car il n’est pas acceptable qu’un lieu aussi magique, chargé de tant de mémoire, et qui s’étend sur près de 15 hectares, demeure une autoroute. Notre capitale doit se réapproprier son fleuve, au bord duquel elle est née, et autour duquel elle s’est construite.


Nous avons conçu ce projet avec pragmatisme, en veillant à ne rien figer d’emblée, et en tenant compte de toutes les réalités, notamment celles de la circulation. Quels en sont les objectifs ? Précisons avant tout que nous distinguons bien entre les deux rives de la Seine. Chacune a ses particularités dont nous devons tenir compte.


Rive droite, il s’agira de transformer une voie autoroutière en boulevard parisien, que l’on pourra traverser, sur lequel on pourra se promener. Les files de circulation seront limitées à 6 mètres de largeur, ce qui laissera la possibilité de marcher au bord du fleuve, et de retrouver ainsi le sens de la flânerie, qui participe de l’esprit de Paris. Nous aménagerons en outre deux passages. Le premier, au pied du Palais de Tokyo ; le second, entre les Tuileries et le musée d’Orsay. L’idée, rive droite, est donc bien de permettre le maintien d’une circulation automobile, tout en prévoyant la présence du vélo, et même la possibilité de faire accoster quelques bateaux près du pont Marie. Et nous envisageons aussi, comme au Port des Célestins, de créer des espaces piétonniers, où pourront s’imaginer des activités très diverses, dédiées à la culture, au commerce, à la convivialité.


Quant à la rive gauche, ce que nous vous proposons est clair : la fermeture des quais bas au trafic automobile, sur 2,3 km, entre Solferino et l’Alma, à partir de l’été 2012, et un itinéraire cyclable continu d’Ivry à Issy. Sur ce vaste espace, nous pouvons donc laisser libre cours à l’inspiration et à la création. Aucune idée ne doit être écartée a priori. Il y aura là des cafés, des boutiques, des activités nocturnes, des terrains de jeux, des animations pour les enfants, des cinémas en plein air… Bref, la vie va revenir au bord de la Seine. A titre d’exemple, et sans entrer à ce stade dans le détail, je tiens à mentionner le port de Solferino, site exceptionnel aujourd’hui occupé par un parking, et qui pourra devenir un lieu de promenade et de culture.


Ce projet se situe donc au confluent de la préservation d’un patrimoine séculaire et de la conception d’une ville en phase avec son temps. Il a vocation à modifier profondément notre ville. Et je souhaite répondre dès à présent à une question majeure, dont la résolution était pour nous un préalable : dans quelle mesure la circulation en sera-t-elle affectée ? De nombreuses études ont été conduites, notamment par la direction de la voirie et des déplacements, et elles aboutissent à des résultats convaincants. Au total, compte tenu des reports sur les quais hauts, et de la circulation maintenue sur la rive droite, les automobilistes mettraient, pour traverser Paris à l’heure de pointe, 6 minutes de plus rive droite et 7 minutes de plus rive gauche. Il reste, bien entendu, quelques points de vigilance qui appellent un travail fin, notamment la question de la circulation au carrefour du pont de la Concorde, rive gauche. Sur ce sujet, nous devons, avec la préfecture de police, définir les aménagements les plus adaptés.


Mais pourquoi ne pas le dire ? Le projet d’aménagement des voies sur berges s’inscrit dans le prolongement direct de notre politique de diversification des modes de transport. Et je constate, à la lecture des récentes propositions de l’UMP, qu’il y a bien là, entre la gauche et la droite parisiennes, une différence de fond, ancienne, durable, parfaitement respectable, et que nous, nous assumons. L’UMP est hostile à tout ce qui pourrait contribuer à réduire le nombre d’automobiles en circulation dans notre ville. Nous pensons pour notre part que cette réduction est une tendance historique profonde et correspond à un objectif affiché dans toutes les grandes métropoles de l’après Kyoto. Je rappelle que la circulation dans notre ville a baissé de 20% entre 2002 et 2007, ce qui a permis une diminution de 35% de la pollution de proximité. Eh bien, nous continuerons. Et notre ambition de reconquérir les berges n’est pas dissociable de l’ensemble des initiatives prises depuis neuf ans pour changer la façon de se déplacer dans la Ville. Je pense au tramway, à Autolib’ –deux projets auxquels l’UMP Paris s’est opposée- au renforcement de Vélib’ avec un contrat plus exigeant, à la mise en œuvre du schéma vélos, votée ici même le mois dernier, à l’automatisation de la ligne 1 du métro, à la rénovation du RER A, au doublement des fréquences de desserte sur le RER C entre Ivry et Vitry, au dispositif Voguéo. Oui, c’est bien une nouvelle façon de vivre en ville, et de rendre l’espace public à tous, qu’il s’agit de définir et de dessiner. Et le projet pour les voies sur berges s’inscrit dans la logique de cette histoire.


Comment le conduirons-nous ? J’insiste sur la méthode, qui repose sur la concertation. D’abord, bien sûr, nous travaillons en relation étroite avec le Préfet de police, de façon à ce que le projet prenne en compte ses attentes légitimes en termes de sécurité et de gestion de l’espace public. De même, nous sommes en lien avec des partenaires institutionnels, comme les bâtiments de France ou le Port de Paris, notamment pour développer toute la dimension économique du projet.


Mais au-delà, j’insiste sur un point : notre séance de ce matin ne clôt pas le débat. Elle l’ouvre au contraire. Notre souhait est que les citoyens y contribuent, avec leurs attentes, leurs insatisfactions, leurs inquiétudes et leurs espoirs. Une consultation est d’ores et déjà lancée sur le site Internet de la Ville. Les réunions d’information et de dialogue commenceront dès cet été. Les collectivités voisines y seront associées, parce que la Seine n’appartient pas aux seuls Parisiens, et les voies sur berges sont empruntées chaque jour par les habitants de l’agglomération. Notre projet a donc vocation à s’inscrire dans une démarche plus globale de valorisation des bords du fleuve, et il répond à une ambition partagée par nos collègues des départements limitrophes. Nous souhaitons que Paris Métropole, qui est plus que jamais le cadre pertinent, se saisisse de ce projet, et en fasse l’une de ses initiatives de l’automne prochain.
Bien entendu, comme pour tout ce qui concerne notre ville, c’est le Conseil de Paris qui aura le dernier mot. Tous les élus seront associés à la réflexion, et les maires d’arrondissement, de la majorité comme de l’opposition, seront consultés à chaque étape. L’UMP parisienne a présenté son propre plan, nous devons en débattre avec sérénité, et, là où nous le pourrons, nous convaincre les uns les autres, sans renier nos différences.


Car la reconquête des voies sur berges est un enjeu qui relève de l’image de Paris dans le monde. Nous l’abordons avec détermination, avec sérieux, et avec la volonté d’aboutir, vite, à une ville plus belle et plus vivante. Je remercie tous ceux qui y contribuent, et d’abord ma première adjointe, Anne Hidalgo, dont l’efficacité et la subtilité ont été pour nous tous des atouts décisifs. Et je dis aussi ma gratitude à Annick Lepetit, Anne le Strat et bien sûr Pierre Mansat, pour leur conviction et leur engagement.


A quelques jours de Paris Plages, je nous invite donc à regarder la Seine autrement, et à imaginer avec audace l’avenir de Paris autour de son fleuve.

5 commentaires à “Pour une ville plus belle et plus vivante”

  1. pallas dit :

    Monsieur le Maire,

    Je vie à coté de Paris depuis que je suis née, j’ai vu l’évolution négative de notre chère ville depuis trente ans.

    J’ai le regret de dire que celle ci est dans une pente descendante qui tend à s’aggraver.

    Certes vous n’êtes pas responsable des maux qui touche la capitale, mais force est de reconnaitre que rien n’y fait.

    Constatation première, notre ville est passé d’une cité vivante en ville musée.

    La classe moyenne a désertée, ne laissant comme population, les riches ainsi que les pauvres et pour terminer les touristes.

    Autrefois, avec mes ami(e)s de naguère, adolescents il y a tout juste 15 ans, je sortais le vendredi soir faire une partie de jeu vidéo a la salle d’arcade Sega, pour aller ensuite au cinéma voir un film tard.

    Il n’y avait aucuns risques d’insécurités particulières.

    Par la suite je faisais des randonnées en roller avec un ami de minuit jusqu’à trois ou quatre heures du matin.

    La non plus il n’y avait pas de sentiment d’insécurité.

    Maintenant, j’ai un dégout certain a aller me promener dans la ville, je ne reconnais pas cette ville qui est vivante le jour et morte la nuit, j’ai l’impression de voir le Roman “”La Machine à explorer le temps”"” de H. G. Wells .

    Jeune adolescent j’ai eu l’occasion de visiter Londres, ville autrefois douce, qu’elle épouvantable cité qu’elle est devenue, un cauchemars pour chaque être y résident, la décadence sociale et morale, avec une extrême intolérance de tous contre tous.

    Sur Google Maps, horrifié que j’ai été de voir la taille de cette ville et de toute l’Angleterre en règle général ne ressemblant qu’a une vaste foret de béton sans couleurs et n’y saveurs.

    La France est dans le même cas, une cité à l’échelle du nation.

    Qu’elle folie Monsieur le Maire c’est pris de nos concitoyens/politiques/économistes, de transformer notre si bel et cher nation en une chose sans visage, ressemblant à l’actuel Angleterre.

    Le fleuve la Seine, parlons en, pollué, dangereux pour la santé à quiconque baigneur voulant y nager, c’est le cas pour tous nos fleuves, rivières, cours d’eau.

    Nos sols sont détruits, incultivables.

    Monsieur le Maire n’avez vous pas remarqué qu’il n’y a plus d’insectes ?. N’avez vous pas remarqué non plus qu’il n’y a pratiquement plus d’enfants en bas age dans nos rues ?.

    Un correspondant de la Cote d’Ivoire a fait le même constat sur ça propre nation, pratiquement aucuns enfants et de grave probleme de natalité avec des malformations de plus en plus importantes et aussi la disparition des insectes qu’il a lui même constater. Lui et moi, sommes dans deux continents différents et pourtant, il voit la même chose que moi dans son pays et le notre, il n’y a pas de hasard possible, nous assistons a la destruction du devenir de notre espèce, ainsi que de la vie sur notre planète, un phénomène mondial.

    Je vous parle de la disparition des insectes de jours, comme de nuit, il vous suffit de jeter un coup d’œil dehors, et pour les insectes de nuit, il vous suffit de regarder les éclairages urbains, il y en pas.

    Il semble que cela soit un phénomène mondial et que la disparition des abeilles ne soient que le haut de l’iceberg d’une situation gravissime.

    La ville de Paris, avaient quantités d’espèces d’oiseaux dont les plus courants, les pigeons, la aussi il semble que le ciel soit vide.

    Sa n’est pas chose anodin pour la psyché d’un individu, la présence de vie animal, végétal, insecte, est importante.

    Vous êtes écologiste, donc je vous fait part d’une information auquel personne ne semble s’y attacher, a moins que vous préfériez simplement ne pas en parler car conscient de la panique que cela ferai.

    Salutation.

  2. jean-luc dit :

    J’ai des amis Danois qui viennent réguliérement sur Paris. Je les reçois à la Gare du Nord quand ils viennent. Je peux vous assurez l’effroi sur leur visage, quand ils quittent la Gare du Nord, et moi, non pas l’effroi,mais la gêne, pour ne pas dire la honte. Les abords de la gare sont crasseux, sales, non entretenus c’est flagrant !. De tout cela, je peux le certifier, ce n’était pas comme ça il y a.. allez 15 ans !. Votre ville, Monsieur le Maire, deviens glauque. Peut-être, un peu de strass, de paillette, et pour le profit de tous, un peu plus d’assainissement pour nôtre ville, qui apparemment n’est pas votre soucis premier.

  3. Françoise dit :

    POINT DE VUE D’UNE PIETONNE
    Les VELIB fleurissent chaque jour davantage : je ne m’en offusque pas, c’est dans l’air du temps.
    Ce qui me scandalise c’est la permissivité qui leur est accordée au mépris des autres usagers de la voie publique (voitures et piétons) et au mépris de la garantie de sécurité qui devrait leur être garantie (pas de port de casque obligatoire, pas de règles)
    Tous les jours je constate que les cyclistes :
    - ne respectent pas les feux rouges
    - ne respectent pas les passages protégés pour les piétons
    - roulent sur les trottoirs
    - empruntent les sens interdits
    - roulent au milieu de la chaussée comme s’ils étaient en pleine campagne
    - utilisent les VELIB en état d’ébriété avancé
    Tout cela sans casque, les écouteurs sur les oreilles, dans des voies cyclabes non protégées.

    Paris deviens une ville dangereuse à tous égards ! Les règles du savoir vivre ensemble et de savoir circuler dans le respect des un des autres devraient prévaloir.
    Un code de la route existe et je ne comprend pas qu’il puisse y avoir une exception pour les cyclistes. Combien d’accidents, dont certains surement mortels, sont ils survenus depuis que le VELIB est en circulation ?
    Réagissez ! les mêmes contraintes de circulation me semblent un minimum pour que tout le monde cohabite avec bonheur.

  4. Yan dit :

    Vous, Madame, qui critiquez si vivement les cyclistes, traversez-vous toujours dans les passages pour piétons ? attendez-vous que le feu soit rouge pour traverser alors qu’il n’y a pas de voitures en vue dans une petite rue, par exemple ? que penseriez-vous alors si on vous verbalisait pour ça ?
    Et bien, contrairement à ce que vous dites, les vélos sont sévèrement verbalisés pour ce genre de petites infractions.
    Pourquoi ?
    Depuis quelques temps, je constate que les policiers parisiens verbalisent les usagers de vélib à tour de bras pour la moindre infraction.
    J’ai moi même été verbalisé de 90 euros pour avoir grillé le feu d’un passage piéton sur lequel il n’y avait pas de piétons.
    Les policiers étaient en voiture banalisée.
    Ils ont passé une demi-heure à rédiger les contraventions, à moi et à ma compagne (180 euros en tout).
    Je comprends que de tels PVs rapportent de l’argent alors que l’arrestation des délinquants n’en rapporte pas.
    Et tous les délinquants que ces policiers auraient pu arrêter pendant cette demi-heure là n’auraient pas rempli les caisses.
    Je me pose donc la question suivante : qui a donné la consigne aux policiers d’être particulièrement sévère avec les vélibs ?
    Est-ce vous, Monsieur le Maire ?
    Si c’est le cas, et si c’est pour essayer d’empêcher les accidents, c’est raté.
    Ce n’est pas le comportement des vélibs qui provoque les accidents mais le comportement des automobilistes.
    Par contre, si c’est dans le but de faire de l’argent que cette consigne a été lancée, ça fonctionne à merveille.
    En effet, rien n’est plus facile que d’arrêter un cycliste : les gens qui circulent à vélo sont bien plus pacifistes que les automobilistes.
    Est-ce que cette lumineuse idée pour lutter contre le déficit vient de vous, Monsieur le Maire ?

  5. Yan dit :

    Ayant envoyé le même message à la Mairie de Paris, j’ai eu cette réponse, qui m’a éclairé et je les en remercie :

    “Suite à votre courriel, nous vous informons qu’en vertu du statut de Paris (Ville et département) le Maire ne dispose pas des pouvoirs de police qui sont exclusivement dévolus à la Préfecture de Police.”
    “D’autre part, la municipalité parisienne tient en à rappeler que le montant des contraventions dressées par la Préfecture de police est encaissé pour l’essentiel par l’Etat et non par la Ville de Paris.”
    “En conséquence, nous vous invitons à faire part de vos observations au service compétent.” (suivent les coordonnées des services).

    Je pense donc que les policiers s’acharnent sur les vélibs à cause de consignes politiques que l’on pourrait résumer par “emmerder les bobos le plus possible”. Je me trompe ?

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