LES ÉDITOS

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Page blanche

17 novembre 2010

Première intervention du Chef de l’Etat après le remaniement. Dans un contexte social particulièrement âpre, les Français ont, plus que jamais, soif de repères, de perspectives, de clarté. L’injustice sociale et l’incertitude du lendemain appellent à la fois un diagnostic et des engagements. Il est peu de dire qu’ils n’ont pas été entendus. Frappant, en effet, ce rapport de plus en plus lointain du Chef de l’Etat avec les vraies attentes de notre pays. La suppression annoncée de l’ISF et du bouclier fiscal ouvre ainsi un festival de « grosses ficelles » qui vont rythmer cette émission. Objectif officiellement affiché : harmoniser notre système fiscal avec celui de l’Allemagne. L’Allemagne dont le Président de la République nous expliquait il y a seulement quelques mois qu’elle possédait un bouclier pour justifier celui de la France.

Hier soir, il annonce finalement que comme elle n’en a pas, il faut faire disparaître le notre, afin de lutter contre « la fuite des capitaux » et les « délocalisations ». Le téléspectateur découvre donc, médusé, que nos capitaux et nos entreprises partent s’installer en Allemagne. On l’ignorait… Une certitude, en tout cas : pour remplacer l’ISF, il faudra trouver un moyen de faire entrer 4 milliards dans les caisses chaque année. Comment ? Le Chef de l’Etat ne l’a pas dit, se réfugiant derrière une « large concertation » à venir. Et tout fut à l’avenant. Le financement de la réforme de la dépendance ? On verra à l’été 2011. Le chômage ? Il va baisser. C’est ce qu’il disait déjà au début de l’année 2010. Depuis, celui-ci n’a cessé d’augmenter. Les retraites ? « Le régime sera excédentaire jusqu’en 2020 ». C’est faux, puisque tous les régimes seront en réalité en déficit au moins jusqu’en 2018. Les Roms ? On l’a mal compris : il n’y jamais eu de « stigmatisation ». Et la ville de Grenoble n’existe probablement pas…

Inquiétante prestation, en vérité. Celle d’un responsable politique déconnecté des préoccupations profondes. Le mot  « logement » n’aura été prononcé qu’une seule fois. Et celui d’« éducation », pas du tout. Obsédé par la volonté manifeste de se forger une image plus rassurante, plus maîtrisée, en un mot plus « présidentielle » – il serait temps – Nicolas Sarkozy en oublie paradoxalement ce que devraient être son rôle, ses priorités et ses réponses. Pour convaincre de sa pertinence, il ne suffit pas de faire rimer remaniement avec reniement. Jeter au panier à la fois l’ouverture, le paquet fiscal et le ministère de l’identité nationale ne fera pleurer personne. Mais à ces actes qui illustrent surtout beaucoup de temps perdu pour la France, succède le vide.

On attendait une vision et un « cahier des charges », on aura eu l’introspection et une page blanche.

2 commentaires à “Page blanche”

  1. palazo dit :

    Bien vu, bien dit.
    Au fond vous êtes d’accord avec François?
    Natalie,
    amicalement

  2. PERRAUD dit :

    Bertrand,
    Lors d’un repas républicain avec des amis socialistes pour lancer la campagne des élections cantonales, une camarade vivant à Paris m’a informé de ton désir de ne pas te représenter au prochaine municipale.
    Je n’ai à ce jour pas pu avoir de confirmation de ta décision.
    Selon les informations que je possède, ta côte de popularité dans ta ville ne semble pas diminuée, tu prouves tous les jours le sérieux et la rigueur dans ta gestion. Tu as su rassembler les parisiens et bien au delà. De nombreux camarades socialistes vont être déçu si tu confirmais cette information
    Amitiés
    Marc Perraud

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