LES ÉDITOS

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Lendemain de second tour

28 mars 2011



Ce second tour des élections cantonales atteste, avant tout, une adhésion très nette accordée à la gauche. Dans les collectivités locales, les socialistes et leurs alliés inspirent, globalement, la confiance, parce qu’ils savent protéger, agir, et prendre à leur mesure les enjeux de la vie quotidienne, notamment s’agissant de la solidarité et de l’accompagnement des plus fragiles.



Mais ces élections révèlent aussi une profonde fracture de la société française, que nous devons regarder en face. Plus d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé, et cette abstention massive est encore plus inquiétante si l’on regarde sa répartition sur le territoire : dans les quartiers populaires des grandes villes, dans un nombre impressionnant de banlieues, elle atteint presque les trois quarts de l’électorat. Des zones entières de notre pays ont atteint un état d’exaspération, de lassitude ou de résignation qui les amène à cette forme de sécession civique. Des millions de citoyens – de fait, la majorité – ne croient plus à la politique… Nous avons un an pour qu’ils y croient de nouveau, pour qu’ils soient convaincus que toute action publique n’est pas vaine ou suspecte.



Et quant à ceux qui ont voté hier… l’ampleur de la vague lepéniste doit être non seulement prise au sérieux, mais traitée avec la plus grande gravité. Dans des dizaines de cantons, urbains et ruraux, le discours de la division et de la stigmatisation, la logique des boucs émissaires, la violence de la démagogie xénophobe, ont convaincu à peine moins- et parfois même un peu plus- de 50% des votants. Il nous revient, à tous, de comprendre, avec courage et lucidité, les mécanismes qui ont conduit à cette défaite morale et à cette décadence de l’esprit public. Puis il faudra, là aussi, y répondre. Au moins de trois façons.



La gauche devra d’abord persuader les Français qu’elle peut leur apporter- sur l’emploi, le logement, la justice, la sécurité…- des solutions efficaces, là où l’extrême droite ne propose que la lâche facilité des exutoires. Elle devra ensuite avoir le courage et la dignité de tenir un discours de valeurs, rappeler que la République c’est avant tout un socle commun de droits et de devoirs, et que le rejet de l’autre n’y a pas sa place : la politique est aussi affaire de morale. Et la gauche devra, enfin, se rassembler. Car ce n’est que dans la cohésion, dans l’unité de ses différences assumées, qu’elle pourra, en 2012, être à la mesure de la France. Et de l’Histoire.



Bertrand Delanoë

5 commentaires à “Lendemain de second tour”

  1. Alain Le Garrec dit :

    Je crois que la vague Le Pen est surtout due à la trouille, de tout, du logement, du boulot, des enfants de l’avenir…ce n’est pas l’extrême droite que des électeurs recherchent mais un signal, une fusée de détresse. Les abstentionnistes ne s’estiment plus concernés! c’est gravissime et c’est bien plus dangereux. Je ne sais pas s’il y a analogie, mais après 1929, il y eu le début des années 30, puis un immense appel qui a donné 1936!!!! et surtout la suite! Je réclame de mes vœux depuis des années un vaste travail entre les élus des grandes villes, des grandes agglomérations, des départements, des régions…pour donner des directions opérationnelles immédiates, sur le terrain, en connaissance de cause. Finis la concurrence bonjour la complémentarité! Alors nous pourrons prendre des mesures politiques nationales plus longues, plus complexes. Que nous ayons besoin d’un programme, de mesures immédiates et d’autres plus longues, oui, mais la Gauche a le fantastique avantage d’être au contact avec les réalités locales et que souvent des réponses sont différentes. Je crois qu’il faut travailler sur ces deux niveaux, qu’ils se parlent, qu’ils s’écoutent et qu’ils se partagent la tache. Seul le PS, la Gauche peut le faire, allons-y. C’est notre seul moyen de reconquérir un électorat qui s’abstient…il pense qu’il existe plus…car Paris l’a oublié!. C’est à nous à le remettre au cœur et pour cela nos élus locaux ont les solutions! laissons les travailler… et parlons en!
    Le Maire de Paris devrait être le porteur de cette nouvelle façon de mettre ce pays en mouvement!

  2. PETIT dit :

    Bon cher Bertrand
    Si je partage tres largement, l’annalyse qui est faite de ces élections, il reste que sur la méthode, nous aurions pu immaginer, anticiper et faire en sorte que la défaite de l’UMP sois plus forte encore; en effet, à quelques jours prêts nous aurions pu avant ces élections présenter le projet des socialistes ce qui aurait eu un impact significatif prouvant que le parti avait des choses a proposer et capitaliser sur cette base! ce que l’on entend , autour de nous, c’est que nous n’avons pas d’idée et que ce qui intéresse le parti c’est de reconduire ceux qui sont en place! Reparlons du nombre de mandat par personne, des fonctions a ne pas cumuler, ça aussi ce serait un signal envoyé à tous ceux qui ne se sont pas déplacés! cordialement.

  3. REITHINGER dit :

    Bonjour Monsieur Bertand DELANOE

    Pouvez-vous me dire à quelle adresse je peux vous envoyer un courrier.

    Cordialement vôtre

    Claudine REITHINGER (Cousine de JC. TAINE)

  4. REITHINGER dit :

    A QUELLE ADRESSE PUIS-JE VOUS ENVOYER UN COURRIER.

    CORDIALEMENT VOTRE

    CLAUDINE REITHINGER (Cousine de JC TAINE)

  5. felipe dit :

    Monsieur DELANOE BONJOUR!
    je suis plus qu’enchanter que la corruption soit lourdement sanctionnée
    vive la justice, vive la république, vive le ps et les jo 2012 à Paris!!!
    bien respectueusement, yves.

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