LES ÉDITOS

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Identité collective

24 novembre 2009

Stupeur en lisant Libération ce matin. Un jeune Français d’origine maghrébine, étudiant en 4ème année de Sciences Po, était allé célébrer, Porte Maillot, avec des amis, la victoire de l’Algérie contre l’Egypte aux éliminatoires de la Coupe du monde de football.

Et là il s’est fait littéralement agresser par un policier, aux cris de « Sale Arabe ! ». Son témoignage est bouleversant : « Je ne pouvais même pas lui répondre que j’étais au moins autant Français que lui, la menace physique était bien trop grande. Mon honneur, mes valeurs et mes certitudes sous le coude, je suis rentré chez moi blessé… ».

Que dire à ces citoyens brutalisés par ceux qui sont chargés de les protéger ? A ces jeunes exclus de leur propre pays ? A ces Français de la troisième ou quatrième génération qui sont regardés comme des étrangers ? Je voudrais leur dire que notre nation, la leur, repose sur un triptyque dont le troisième terme est fraternité. Et que ceux qui oublient cette réalité souillent notre identité collective. Leur dire aussi que personne ne peut leur dénier le droit de faire la fête pour l’Algérie comme ils la feraient pour la France.

« Il y a place dans le cœur humain pour plus d’une tendresse » disait Marc Bloch, ce grand historien de l’identité française, fusillé par la Gestapo en 1944. Et c’est la somme de ces passés différents, de ces identités multiples, qui fonde l’identité de la France. L’aurait-on oublié ?

3 commentaires à “Identité collective”

  1. Eric Bacher dit :

    Parce qu’il est normal, lorsqu’on est Français, de fêter la victoire d’un autre pays. Au moment où l’on parle d’identité nationale, ce jeune homme refuse d’être Français. Il préfère applaudir un pays étranger. C’est ahurissant ce raisonnement. Ce jeune homme devrait plutôt aimer le drapeau tricolore, chanter la Marseillaise, car c’est la France qui l’a choyé et élevé, pas l’Algérie…

  2. Fabien dit :

    @ Eric Bacher,

    La devise, si ma mémoire est bonne, est “Liberté, Egalité, Fraternité” (M. Delanoë rappelle le dernier terme du triptyque).

    Ce jeune homme a la liberté de soutenir qui il veut, et qui dit qu’il n’est pas supporter de plusieurs équipes, comme j’en connais plusieurs ? Quant à la fraternité, notre maire a dit je pense mieux que moi ce qu’il y avait à dire.

    Votre commentaire dépasse les mots de Mmes Dati ou Amara, qui se sont montrées mesurées…

  3. nanar75 dit :

    Monsieur le maire de Paris.
    Foutre le bordel en FRANCE pour un match qui n’est meme pas un match européen où l’équipe de France ne jouait même pas est pour vous une marque un devoir civique et républicain?
    Pour moi ce qui est civique c’est d’inviter tous les français résidant en Algérie ou au Maroc lors d’un prochain match de l’équipe de France, de tout CASSER à alger ou à Rabat !!!
    C’est donnant donnant!! (comme dirait une certaine Socialiste)et gagnant gagnant comme on dit pour le civisme républicain que vous défendez comme maire.

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