LES ÉDITOS

Défendre les agents de Pôle Emploi pour préserver sa mission

14 décembre 2010


Il y a plusieurs mois, sur ce site, j’avais évoqué la situation explosive au sein de Pôle Emploi. Mal conduite, la fusion ANPE / ASSEDIC a confronté ses agents a des conditions de travail souvent insupportables. Ainsi, le mois dernier, Pôle Emploi a connu une grève sans précédent, suivie par plus de la moitié de ses personnels, avec 400 sites fermés. C’est inédit. Au cœur de ce mouvement, une volonté unanime de dénoncer la décision gouvernementale consistant à supprimer 1800 postes à Pôle Emploi en 2011. A l’heure où certains de ses agents gèrent jusqu’à 200 dossiers (on est des loin des « 60 maximum » évoqués à l’origine !), ce qui est humainement impossible et professionnellement inefficace, cette annonce revêt un aspect franchement indécent.


Comment comprendre que le principal instrument de traitement du chômage en France et de suivi des personnes, puisse être ainsi fragilisé, sa mission privée des moyens indispensables, ses personnels soumis à si rude épreuve ?
Répondant à une stricte logique comptable, le gouvernement révèle ici son absence de vision et de stratégie.


C’est ce motif, déjà, qui m’avait conduit à proposer une enquête parlementaire ou un audit confié à un organisme indépendant, afin d’établir un vrai diagnostic de la situation interne et de tirer un bilan de cette fusion. Le principe me paraît plus que jamais d’actualité.


Le gouvernement serait donc bien inspiré en acceptant le gel de ce plan de suppression d’emplois jusqu’à ce qu’il dispose des éléments de fond et des recommandations qui lui permettraient de raisonner sur des bases moins dogmatiques.


Ce qui est en jeu, c’est le combat inlassable contre le chômage.
De ce point de vue, la politique suivie aujourd’hui par l’Etat représente sans aucun doute la réponse la plus inadaptée qui soit.

Publiez un commentaire

CréditsConditions d'utilisationsLiens