LES ÉDITOS

Karachi : au nom de la vérité

8 décembre 2010

Depuis plusieurs mois, ce que les médias ont appelé « l’affaire Karachi », demeure au cœur de l’actualité.


Dans ce dossier, deux volets doivent être strictement distingués, aucun lien à ce stade ne pouvant être établi entre l’attentat meurtrier survenu en mai 2002, et le versement d’éventuelles rétrocommissions par ailleurs.
Dans les deux cas, cependant, la vérité doit impérativement triompher.


Ecrivant cela, je songe bien entendu à la mémoire des victimes et au combat de leurs familles. Mais je pense, plus largement, au fonctionnement même de notre démocratie et à l’exigence de transparence qu’elle implique. C’est pourquoi, rien ne doit venir entraver le travail de la Justice. C’est d’ailleurs ce à quoi s’était engagé récemment le Chef de l’Etat.


Or, que voit-on ? Le 7 octobre dernier, le Procureur de la République de Paris, réagissant à la volonté du juge Van Ruymbeke de lancer précisément une enquête sur l’existence possible de ces rétrocommissions, a fait appel de cette initiative devant la chambre de l’instruction.
Voilà bien un acte officiel, dont l’objet est de freiner la procédure en cours. Comment comprendre et tolérer une telle tentative d’obstruction ?


Pour toute personne attachée à la pleine expression de notre vie publique, ce fait est grave et n’a d’ailleurs pas été commenté à la mesure de ce qu’il révèle.
C’est pourquoi, solennellement, je demande au Garde des Sceaux qui a autorité sur le Procureur de Paris, de veiller à ce que son appel soit tout simplement retiré.
Plus globalement, il est indispensable que toutes les pièces et tous les témoignages existants soient mis à la disposition des juges d’instruction, afin que ceux-ci puissent mener leurs investigations en disposant de tous les moyens requis.

Un commentaire à “Karachi : au nom de la vérité”

  1. Lacoste Alain dit :

    Excellente initiative, Bertrand, une fois encore, à la fois pédagogique et ferme sur les principes Républicains que la majorité Sarkozienne foule aux pieds régulièrement depuis des années.
    Voici quelques années, j’avais relevé l’invite suivante, sur le livre d’or, lors d’une visite au cimetière américain de Colleville : “Eyes opened”.
    On peut voire on doit la faire nôtre.
    Fidèlement et amicalement.
    Alain

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