LES ÉDITOS

A scrutin régional, conséquences sociales…

22 mars 2010

Dans vingt et une régions métropolitaines sur vingt deux, les Français ont exprimé leur confiance à des exécutifs de gauche. Ce faisant, c’est le parti pris de la solidarité et de l’ambition sociale, économique et environnementale qu’ils ont privilégié. Observons que cette attente confirme l’attachement de nos concitoyens à des services publics performants, qui doivent être renforcés là où ce gouvernement choisit de les affaiblir.
Face à ce vote spectaculairement convergent, l’UMP a opté dès hier soir pour un argumentaire plutôt spécieux : assumer la défaite sans la reconnaître, en l’attribuant au simple statut « d’élection intermédiaire » de ces régionales, traditionnellement défavorables au pouvoir en place ; et répéter en boucle que les réformes sont plus indispensables que jamais pour sortir de la crise. L’art de répondre à des questions qui ne se posent pas. Qui nie la nécessité de réformer ? Le message du suffrage universel porte plutôt sur la façon de faire : justesse dans le choix des dossiers concernés et justice dans la méthode qui doit s’appliquer.
Si le pouvoir a entendu l’exigence des électeurs, qu’il le prouve, par les actes. Dès dimanche soir, j’ai fait trois propositions dans ce sens au gouvernement : renoncer aux suppressions d’emplois programmées dans les hôpitaux publics ; doter enfin Pôle Emploi des moyens humains indispensables à l’accomplissement de sa mission au service du suivi individualisé des personnes et de leur insertion professionnelle ; enfin, annuler dans le budget 2010, la mesure consistant à faire disparaître 2000 postes de policiers. Car il n’est plus possible de développer d’un côté des discours toujours plus sécuritaires et de démanteler inlassablement de l’autre, le service public de la sécurité.
J’observe que ces propositions publiques ont suscité une certaine gêne parmi mes interlocuteurs de l’UMP. Qu’ils dénoncent mécaniquement le côté « dépensier » des socialistes serait presque risible si le sujet n’était aussi grave. Rappelons simplement que la Cour des Comptes, dans un rapport récent sur les finances publiques, a pointé du doigt les 39 milliards de cadeaux fiscaux consentis depuis quatre ans par ces « experts es finances publiques », aux contribuables les plus aisés. Non, le plus désespérant, c’est ce rejet systématique de toute préoccupation sociale : comme si la solidarité relevait de l’assistanat, comme si l’égalité s’assimilait à un frein insupportable, dans la doctrine édifiante de ceux qui gouvernent le France. Le « social », c’est pourtant ce qui garantit la cohésion d’une société, l’adhésion du plus grand nombre à une ambition collective, ce qui permet aux plus modestes de disposer d’un filet de sécurité et aux classes moyennes de ne pas affronter, à coup sûr, les effets du déclassement. A quoi sert l’Etat, sinon d’abord à garantir ce minimum commun ? Et à donner ainsi à chacun la certitude qu’il appartient à une seule et même communauté, la République ?
C’est aussi ce qui peut convaincre les citoyens que voter sert à quelque chose, ou que voter pour l’extrême droite ne sert à rien…

Un commentaire à “A scrutin régional, conséquences sociales…”

  1. Eric Bacher dit :

    Donc à vous lire, M. Delanoë, la région Languedoc-Roussillon a élu un exécutif et un président de gauche en la personne de Georges Frêche. En cela, vous qui avez défendu cette pauvre Hélène Mandroux, vous allez à l’encontre des propos de Martine Aubry. C’est à ne plus rien comprendre. Pourquoi cette cacophonie du PS parisien ?
    Georges Frêche est donc un homme de gauche, qui a battu brillamment la droite et l’extrème-droite. J’en suis heureux. Et vive le camarade Frêche !

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