LES ÉDITOS

Premier tour des régionales : trois enseignements

15 mars 2010


1. La gauche retrouve des forces. Dans toute sa diversité. Constat encourageant qui n’invite qu’à l’exigence et à l’humilité. Clairement, les Français ont adressé un message de confiance au socialisme de la justice et de l’efficacité. Celui qui gère les régions en responsabilité, en cohérence avec ses amis écologistes, avec le double souci d’impulser de puissantes dynamiques locales, et de protéger contre la brutalité de la politique gouvernementale. Le progressisme redevient une force crédible, avec, comme pivot, le parti socialiste. Cette réalité nous crée des devoirs. Et d’abord, gagner dimanche prochain. Pour défendre nos services publics de proximité, développer des transports écologiques et modernes, financer des logements accessibles à tous, il faut que le second tour ne se contente pas de confirmer les leçons du premier. Il faut qu’il les amplifie. Alors les responsables de l’UMP ne pourront plus laisser entendre qu’il ne s’est rien passé. Entre vote sanction et abstention, le peuple n’a pas été entendu le 14 mars ? Qu’il s’exprime plus fort encore le 21.


2. Le déni érigé en stratégie de communication. Sur tous les plateaux, les représentants de l’UMP ont garanti qu’il était « impossible » de tirer d’enseignement national de ce scrutin. Comme si le pouvoir en place n’était pour rien dans la mauvaise santé démocratique de notre pays. Comme si la perte de repères généralisée ne s’appliquait pas aussi à son propre électorat. Pourquoi cet aveuglement programmé ? Parce que ce gouvernement attendait avec impatience la fin de l’élection pour « libérer » certains projets fiscaux qu’il garde sous le coude : la taxe carbone conçue comme un nouvel impôt ; la TVA sociale que Nicolas Sarkozy évoque dans son interview récente au Figaro Magazine, et qui concernera une fois de plus les familles modestes et les classes moyennes ; sans oublier cette « taxe additionnelle » dont les Franciliens devront s’acquitter pour financer le « Grand Paris » du gouvernement. Une sanction forte du suffrage universel, le 21 mars, c’est un rempart d’autant plus puissant contre ces desseins inacceptables.


3. Le retour de l’extrême droite. On la croyait effacée, éteinte, plus ou moins emportée par le déclin de son chef. Et elle est là, de nouveau, avec ses mines triomphantes, ses scores trop élevés, notamment dans le sud-est. Voilà ce qui arrive, quand on fait du sécuritaire l’axe autour duquel gravitent tous les calculs et tous les opportunismes ; quand on organise – en rameutant Barrès, la terre et les morts – un débat nauséabond sur « l’identité nationale » ; quand on prétend vaincre le parti de la haine en allant sur son terrain plutôt qu’en le combattant. Le pouvoir UMP récolte ce qu’il a semé. Le malheur est que la France le récolte avec lui, et que ce sont ses principes, sa générosité, ses valeurs, son histoire, qu’elle devra défendre à nouveau. Une autre responsabilité pour la gauche.

5 commentaires à “Premier tour des régionales : trois enseignements”

  1. fretin dit :

    la gauche est de retour tant mieux, c est nécessaire pour la démocratie

    mais ne criez pas victoire trop vite ! le Fn est aussi de retour, si la gauche était au pouvoir il en serait autant voir plus ! les français veulent un équilibre du pouvoir gauche – droite , mais pour autant
    ne font pas confiance à la gauche pour une gestion au niveau national !
    l immigration est un problème qui plombe l énergie des français !
    je ne comprends pas ce parti qui continue au nom de la tolérance à soutenir cette population qui ne vôte pas et qui en plus importe la haine et la délinquance en refusant de s intégrer
    ce sont nos libertés qui disparaissent au nom de la sécurité qui au final nous pénalisent nous mais pas eux !

    je suis satisfait d une chose c est l écart des voix entre le PS et les verts,
    je n oublierai pas que c est à cause d eux que Jospin n a pas été élu !
    l appétit de ce parti de rêveurs sera toujours la plaie d une cohabitation future !

    j ai envie de dire à Martine Aubry que l employée qui a rencontré Sarkozy et qui attend l accord de son patron pour des heures supplémentaires et bien j ai un ami retraité avec 600 euros par mois qui attend toujours de la ville de Paris un petit logement social , il n a droit à rien, mais par contre d autres sont logés à grands frais dans des hotels meublés

    c est la classe moyenne qui paie pour tout ça et nous ne sommes pas des vaches à lait !

  2. Eric Bacher dit :

    Pas un mot sur la victoire de Georges Frêche en Languedoc-Roussillon qui a balayé la pauvre Mandroux (elle ne fait que 11% à Montpellier (sic)) et le prétentieux Roumégas qui se voyait déjà diriger la région. Pourquoi ce silence M. Delanoë ? Vous qui, au nom des soi-disantes valeurs de la gauche, avez soutenu Mandroux et les quelques égarés de sa piteuse liste.
    Le peuple de gauche du Languedoc-Roussillon a dit Non aux oukases des bobos de la rue de Solférino. C’est la victoire de la démocratie, la victoire des vraies valeurs de gauche.

  3. Iris Desjardins dit :

    Bonjour monsieur Delanoé,

    Ne vous étonnez pas trop des scores alarmants du Front national : il fait son lit sur votre discours…” Qui fait l’ange fait la bête” disait Pascal : il vaudrait mieux pour tous que vous vous penchiez sérieusement sur le problème plutôt que de l’ignorer. Les scores les plus importants du FN correspondent aux régions où il y a le plus d’immigrés
    . Je suis de gauche et en prenant de l’âge je verdis… je ne défends pas le vote FN loin de là mais les politiques de gauche ont tort de ne pas écouter ces messages que leur envoient de nombreux français modestes (ce n’est bien évidemment pas dans les quartiers et les villes “chics” où la plupart de nos élus habitent que les problèmes de cohabitation avec les gens du Magheb, de Turquie ou d’ailleurs se posent…) Vous avez beau jeu de faire les offusqués.
    Quant à moi, j’habite dans un quartier calme, dans une ville moyenne et chaque fois que je vais dans les quartiers dits “difficiles” de ma ville (et dans lesquels j’ai travaillé plusieurs années) je me dis que je ne voudrais pas y vivre et que je comprends que certains n’aient d’autre moyen de faire connaître leur opposition à une promiscuité non désirée et mal vécue que de voter à l’extrême droite comme on crie. Les gens les plus modestes sont souvent malheureusement les moins éduqués, les moins cultivés, ils ont peur de tout ce qu’ils ne connaissent pas et “l’étranger”est vite pour eux l’homme à abattre.
    Il vaudrait mieux accepter toutes ces évidences plutôt que de les nier et prétendre que nous sommes “au-dessus de ça”. Je sais qu’il y a également des gens haineux et que contre ceux-là il n’y a pas grand-chose à faire. Mais je suis sûre que ce ne sont pas les plus nombreux.

    Merci de votre attention

  4. babeil dit :

    Et s’il y avait eu 90% d’abstentions, auriez vous encore affirmé que les français ont adressé un message de confiance au socialisme? Soyons un peu sérieux ! L’analyse rigoureuse d’une élection ne se résume pas à en regarder le résultat, et proclamer que le vainqueur est adoré des français. Avec 53% d’abstentions, il est tout à fait légitime de dire que le résultat est aléatoire, et ne représente certainement pas une adhésion des français à un parti quelconque. En revanche, la signification du rejet et désavoeu de l’ensemble de la classe politique est une certitude. L’échec de l’ump est incontestable, mais celui du ps est peut être plus important encore, car le statut de l’opposition est plus confortable que celui de la majorité davantage sanctionnée pour son action que ne l’est l’opposition pour sa passivité. Cette dernière devrait donc logiquement mobiliser son électorat vu la colère des français envers le pouvoir. Or nous avons vu qu’il n’en est rien, d’où ma conclusion.

  5. CammCamm dit :

    Comme ma femme me dit souvent… Bertrand Delanoe est définitivement le mieux placé pour 2012… et la dessus, il faut avouer qu’elle a une nouvelle fois bien raison.
    Forcement après cette première victoire de la gauche depuis bien longtemps, il est naturel de se demande qui à la charisme, la dimension et la possibilité de faire gagner la gauche en rassemblant le plus grand nombre au prochaine élection Présidentielle…
    On pourrait penser, Aubry, Valls ou même Cohn-Bendit mais celui qui justement reste légèrement dans l’ombre, celui qui pourrai fédérer toutes les forces de gauche (PS, EE voir PCF, NPA) et celui qui pourrait tenir tête à la droite et bien c’est Bertrand Delanoe et aucun autre à notre avis.
    La question est de savoir pourquoi ne pas lancer dés aujourd’hui une sorte de mouvement fort qui l’imposerait comme l’homme de la solution attendue depuis 1995…
    Courage tout le monde…

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