LES ÉDITOS

Un billet de Canton, 2

13 novembre 2009

En marge d’une grande manifestation organisée un an avant le lancement des Jeux asiatiques qui se dérouleront à Canton, conversation franche et chaleureuse avec mon ami Chen Haosu, président de « l’Association nationale d’amitié avec les pays étrangers ».
Tout en assumant nos convictions et nos différences, nous partageons la même volonté de dialogue et de coopération.


Le lendemain, rendez-vous au Century Grand Hall pour la réunion du Conseil Mondial, en présence de Xi Jinping, vice président de la République populaire de Chine. Au centre des débats, l’impact de la crise sur les gouvernements locaux. Dans mon intervention, je salue nos hôtes, les remerciant de leur accueil et rendant hommage à tout ce que la culture chinoise apporte à l’identité de Paris. Un constat : malgré la crise dont elles subissent, partout, les effets, nos collectivités se battent pour maintenir un haut niveau de service public, dédié à la vie des habitants et à une dynamique sociale et économique. Par le dialogue et les partenariats qu’elles développent sans cesse, des projets aboutissent, donnant un sens opérationnel à la notion de solidarité.


Progressivement, le rôle et l’engagement des villes sont d’ailleurs reconnus par les instances internationales, même si cela demeure encore insuffisant. Avec le maire de Canton, Zhang Guangning, nous constatons que le CGLU est désormais un interlocuteur sérieux de la Banque Mondiale : celle-ci mobilise des financements de plus en plus significatifs en faveur des grands enjeux du monde urbain. Avec modestie, mais détermination et pragmatisme, les villes s’affirment donc comme des acteurs incontournables face aux défis de l’époque : justice sociale, nouvelle donne économique, urbanisme, mais aussi, bien entendu, écologie. Ce dernier point est également très présent dans nos débats, quelques semaines avant Copenhague. Des Etats présents à ce rendez-vous décisif, nous attendons des engagements précis, des dispositifs contraignants et un traitement à égalité de chaque acteur. Je pense bien entendu aux pays émergents, Chine, Inde, Brésil, qui, légitimement, souhaitent que les Etats-Unis et l’Union européenne définissent des objectifs dès l’horizon de 2020. Mais je pense aussi à l’Afrique, que la communauté internationale doit prendre en compte au même titre que les autres continents. Donc là aussi, s’engager : sur des moyens financiers ainsi que des transferts de technologies.


En tant que laboratoires des pratiques et des instruments qui influent concrètement sur notre environnement, l’expertise des villes peut être un atout dont nous souhaitons qu’il inspire la démarche des Etats.

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