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Zoé Briner : Changement de statut de La Poste : de quoi parle-t-on ?Le secteur des services postaux représente 1% du PIB de l’Union européenne et 1,4 millions d’emplois. Il a progressivement été libéralisé depuis l’adoption de la directive postale du 15 décembre 1997 et doit être totalement ouvert à la concurrence au 1er janvier 2011 en application de la 3ème directive postale adoptée en février 2008. Le gouvernement conteste la légitimité de cette votation sans valeur juridique arguant du fait que le projet de loi sur le changement de statut de la Poste ne prévoit pas une « privatisation » mais une transformation en société anonyme à capitaux 100% publics au 1er janvier 2010. La réforme doit permettre, selon les propos du gouvernement, de « moderniser et « d’adapter » La Poste à l’ouverture totale à la concurrence du marché postal. La gauche, forte de son résultat et rappelant les précédents de France Télécom, Air France, et de Gaz de France, réclame l’organisation d’un référendum d’initiative populaire sur le sujet. Elle relaie le message qu’ont voulu faire passer les deux millions de Français qui ont voulu dire non : non aux profits et non à la tyrannie libérale, non à la concurrence et non à la remise en cause du service public postal. L’éventualité d’un référendum demeure toutefois peu probable, la loi organique précisant les modalités de ce nouveau mode de consultation n’ayant pas encore été promulguée. * 1. Quelle est aujourd’hui la réalité de La Poste ? La Poste n’est plus l’institution publique nationale telle qu’on la rêve. Pour comprendre, rappelons quelques faits et chiffres. L’activité Courrier est dirigée par la holding Sofipost qui regroupe différentes filiales et représente 58% du chiffre d’affaires global, soit 11,6 milliards d’euros, dont 82% proviennent des professionnels et 18 % des particuliers. La Poste est numéro 2 du colis Express en Europe (en volume) et numéro 1 du colis en France, via sa filiale Coliposte chapeautée par une holding GeoPost qui regroupe six filiales représentant 21,6% du chiffre d’affaires global (4,5 milliards d’euros en 2008). Dans le cadre du statut actuel, GeoPost s’est déjà développé à l’international, notamment en Pologne, et en Russie, et dix agences ont été ouvertes en Chine…et les premiers pas sont faits en Afrique du Sud. La logique du changement de statut est de permettre à La Poste de trouver des financements complémentaires, nécessaires pour affronter ses futurs concurrents. Dès que la Poste aura changé de statut, l’Etat prévoit de lancer une augmentation du capital de 2,7 milliards d’euros, qu’il cofinancera (à hauteur de 1,2 milliards d’euros) avec la Caisse des dépôts et consignations (à hauteur de 1,5 milliards d’euros). Elle offre ainsi de nouveaux modes de financement à l’entreprise et facilite par là même la conquête de parts de marché à l’étranger. Certes, d’autres modes de financement auraient été possibles. Il y a deux ans le changement de statut en société anonyme devait s’accompagner d’une mise en bourse minoritaire et d’une distribution d’actions au personnel. L’objectif était bien d’obtenir les 3 milliards nécessaires pour investir que l’Etat n’avait plus en caisse. Mais la crise financière est arrivée, et avec les milliards distribués aux banques, il est apparu difficile de plaider que l’Etat n’avait plus les moyens…. Dans le même temps, la contestation commençait à monter, et avec elle, la crainte des élus locaux de voir supprimer les bureaux de poste dans les villages de leur circonscription. Le projet s’est donc transformé : le statut doit changer mais c’est l’Etat et la Caisse des dépôts qui vont apporter l’argent. Mais alors à quoi sert de changer le statut en SA ? A quoi, sinon à préparer l’étape d’après ? Car il faut le dire clairement, le contexte actuel – l’état des finances publiques – rend peu envisageable la poursuite d’un investissement public. Et le gouvernement n’a ainsi plus d’autres choix, pour garantir la survie de l’entreprise à terme, que la privatisation. 3. Reste entière la question de la garantie d’un service public postal de qualité : doit-il être préservé sur l’ensemble du territoire national et qui doit en assurer le financement ? La Poste assure un service public essentiel, qui doit perdurer. La mission de la gauche est de ne laisser personne le démanteler. La question n’est pas de savoir s’il faut préserver ce service public, mais comment, et avec quels moyens. Car c’est le vrai combat qu’il reste à mener : la préservation des missions de service postal sur le territoire. Mais à quel prix et qui doit payer ? Il devient urgent d’imaginer une forme plus efficace et moins coûteuse du service public postal. Et dans la mesure où l’égal accès au service public postal est étroitement lié à la question de l’aménagement du territoire, n’est-ce pas plus légitime de considérer que ce coût doit être supporté par les contribuables ? * Enfin et plus largement, au-delà des inquiétudes qu’inspire la remise en cause d’un statut si chèrement acquis, ne devons-nous pas nous interroger sur les secteurs qui doivent être en priorité préservés de la logique du marché et dont il est de la responsabilité de l’Etat de les financer ? 2 commentaires à “Changement de statut de La Poste : de quoi parle-t-on ?”Publiez un commentaire |
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ASSOCIATIONS D'IDÉES |
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Puisque la poste est un service public universel qui traite tous les usagers à egalité, c’est bien donc à l’Etat d’en supporter le coût.
C’est comme tout, un service à payer individuellement revient sûrement plus cher au quidam moyen qu’un service supporté par la collectivité et bien reparti.
Mais celui qui ne l’utilise pas bien sûr qu’il ne veut pas payer pour ceux qui s’en servent. Mais au fait c’est comme les routes nationales, je ne conduis pas alors pourquoi supporter par mes impôt cette tranche d’imposition qui va au réseau routier ?
C’est le même raisonnement. Mais où serait la solidarité ? Donc la poste devrait rester aux français avec toutes ses obligations et tous les services aux usagers ou clients à un tarif accessible.