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Quand un ancien faubourg pauvre de Paris devient un modèle d’écologie

28 janvier 2010


PARIS, 27 janvier 2010 (AFP)


« Quand un ancien faubourg pauvre de Paris devient un modèle d’écologie » (PAPIER D’ANGLE), par Philomène BOUILLON


Dans un faubourg de l’est de Paris, à quelques pas de la populaire place de la Réunion dans le XXe arrondissement, un quartier écologique pilote est en train de voir le jour, mêlant aménagement d’immeubles anciens et construction de nouveaux bâtiments modèles.


L’éco-quartier Fréquel-Fontarabie, qualifié d’”exemplaire” mercredi lors d’une visite d’Anne Hidalgo, première adjointe (PS) en charge de l’urbanisme et tête de liste parisienne pour les régionales, a été récompensé en novembre par le ministère de l’Ecologie pour sa “sobriété énergétique”.


“C’est un programme de construction neuve et de réhabilitation. Dans ce quartier populaire, l’idée a été de résorber l’habitat insalubre en gardant les habitants”, s’est félicitée l’élue, lors d’un déplacement sur ce chantier.


Le pari de l’écologie n’était pas évident dans ce petit coin de Paris, qui était autrefois le village de Charonne avant qu’il ne soit rattaché en 1860 à Paris pour former, avec la commune de Belleville, le XXe arrondissement.


Le quartier a conservé son caractère faubourien typique, fait d’immeubles bas, des petites ruelles et des placettes charmantes.
Mais l’habitat y était extrêmement fragile et insalubre, “avec des immeubles ayant des structures en bois et des poutres prenant l’eau”, a-t-on expliqué dans l’entourage de Mme Hidalgo.


“Ici on reprend le prééxistant et on est favorable a la démarche écologique à condition que les gens puissent se la payer. Nous tenons à l’aspect social que doit avoir l’écologie car dans les arrondissements populaires on a esentiellement des locataires avec des petits revenus”, a souligné la maire du XXe, Frédérique Calandra (PS), réjouie “que les architectes aient réussi à tenir compte de cet aspect social”.


Cet éco-quartier, une fois achevé fin 2011, pourra donc se targuer de ne pas s’adresser aux “bobos” qui ont fait monter les prix dans plusieurs quartiers populaires: “On est à 2.500 euros du m2 de surface utile”, souligne Patrick Taghetti, sous directeur de la construction à la Siemp (Société immobilière d’économie mixte de la Ville de Paris), aménageur et maître d’ouvrage.


Le programme comprend 105 logements sociaux dont 74 neufs et 31 réhabilités; une crèche municipale et une PMI (protection maternelle et infantile), quatre locaux d’activités, un jardin de 1.000m2 et une place publique.


Par exemple, les 17 logements du bâtiment 3-11 passage Fréquel, dont la construction a déjà commencé, afficheront “une consommation énergétique de seulement 15 kw/m2/an grâce à l’isolation, le triple vitrage des fenêtres et un système de +puits canadien+” (consistant à faire passer une partie de l’air neuf de renouvellement par des tuyaux enterrés dans le sol), détaille Pascal Gontier, l’architecte du bâtiment. Et ce pour une facture de chauffage estimée à 50 euros par an et par logement.


Les murs extérieurs auront une couche d’isolation de 26 cm avec un bardage en mélèze et les fenêtres seront isolées avec du liège, “de façon à avoir une très haute performance thermique”, a-t-il ajouté. Le bâtiment en face sera équipé de panneaux solaires photovoltaïques.
Denis Baupin, maire-adjoint Vert chargé de l’environnement, s’est dit “fier” d’avoir porté le projet pour la Ville.

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