ACTUS

Lettre adressée à François Fillon

6 janvier 2010

Paris, le 06 janvier 2010



Monsieur le Premier ministre,


Dans le contexte de grave crise sociale qu’affronte notre pays, la question du logement et celle de l’emploi désignent des enjeux tout simplement décisifs.


Sur le premier point, je vous rappelle que la Fondation Abbé Pierre évalue à 100 000 le nombre des sans abri, et à 3,5 millions celui des très mal logés.
Pourtant, là où la mobilisation devrait être totale, l’effort budgétaire du gouvernement en faveur du logement social n’a cessé de décroître, passant de 800 M€ en 2008 à 480 M€ en 2010. Cette réduction spectaculaire et durable n’est pas compatible avec les objectifs revendiqués par votre gouvernement. Elle est même susceptible de compromettre l’obligation faite aux collectivités locales de compter au moins 20 % de logements sociaux sur leur territoire avant 2020, objectif que nous entendons atteindre à Paris, dès 2014.


Face à l’ampleur du défi, je vous propose donc de consacrer une part significative du grand emprunt à la réalisation de logements sociaux ainsi qu’à l’isolation thermique du parc social en France. Cette dernière mesure figurait d’ailleurs dans le rapport de la Commission présidée par Michel Rocard et Alain Juppé, ceux-ci proposant précisément d’y affecter 2 milliards d’euros : malheureusement, vous n’avez pas retenu cette suggestion. Une telle initiative serait pourtant source d’activités et d’emplois, rendant cet investissement d’autant plus pertinent.


Par ailleurs, la progression du chômage (+ 25% en un an) est extrêmement inquiétante. Pôle Emploi annonce qu’un million de chômeurs arriveront en fin d’indemnisation cette année.
Une telle chute du niveau de vie, très brutale, risque de les entraîner dans l’engrenage de l’exclusion.
Je vous propose donc, à titre exceptionnel, de prolonger de six mois l’indemnisation des chômeurs en fin de droit. Ce serait une mesure de justice sociale, nécessaire pour protéger les plus démunis, dans une conjoncture particulièrement dure.


Dans l’espoir que vous reteniez ces propositions que je crois constructives, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma considération.



Bertrand Delanoë

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