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« Grand Paris, 4 ans après »

10 octobre 2011


Communiqué de presse de Bertrand Delanoë


Nicolas Sarkozy s’est exprimé aujourd’hui pour dresser l’état des lieux du « Grand Paris, 4 ans après ». Le bilan présidentiel se résume finalement à peu de choses et beaucoup de temps perdu.


Sur l’ensemble des grands enjeux, y compris celui du transport, la méthode choisie aura fait perdre 3 ans à des projets pourtant déjà mûrs et prêts à démarrer, quand en avril 2009, le Président de la République avait fait son discours au Palais de Chaillot. Je pense notamment à la prolongation de la ligne 14 et au lancement d’Arc Express, nouvelle ligne de transport lourd en rocade autour de Paris. Que de temps perdu avec la loi Grand Paris, alors que le plan de mobilisation pour les transports élaboré par les collectivités franciliennes était prêt depuis 2008.


Le discours prononcé aujourd’hui par le Président procède, une fois encore, selon la même méthode, en cherchant à s’approprier une dynamique urbaine, engagée de longue date par les élus locaux. C’est ainsi que le chef de l’Etat cherche à placer sous le vocable « Grand Paris » de nombreux projets urbains métropolitains, initiés par les élus locaux, pour la plupart avant 2008. A Paris, les projets des Batignolles, de Bercy Charenton, de Masséna mais aussi de la Philharmonie, projet lancé avec l’Etat en 2007, n’ont pas attendu Nicolas Sarkozy pour émerger.


On constate ainsi les limites d’une méthode fondée sur le verbe, toujours descendante, qui, en ignorant les dynamiques locales, s’est aujourd’hui épuisée.


Nous devons changer de méthode et de politique. Le logement est aujourd’hui le grand sujet de la métropole. Le Président de la République nous propose de poursuivre avec l’outil préfectoral des contrats de développement territorial. Entre comptage technocratique et incantation, il en appelle à la réalisation de 70 000 logements par an. Et quand, dans le même temps, son gouvernement continue de réduire les crédits en faveur du logement social, tarde à vendre les terrains dont lui même ou ses établissements sont propriétaires afin d’y réaliser plusieurs centaines de logements (je ne citerai que deux exemples parisiens : la caserne de Reuilly et la Croix Nivert) et ne sanctionne toujours pas les
communes qui au mépris de la loi conservent des taux ridicules de logement social.


Cette approche n’est pas à la hauteur. Au sein de Paris Métropole, Paris a formulé une proposition audacieuse d’une Autorité du Logement doté d’un levier financier et de réels pouvoirs financiers et coercitifs vis-à-vis des collectivités ne respectant pas leurs objectifs.
Elaborons ensemble cet outil, qui doit nous permettre – villes, intercommunalités, Départements, Région et Etat – de définir et négocier financièrement les objectifs quantitatifs et qualitatifs de logement, notamment sociaux, pour la métropole.


Nous le savons, une autre méthode est possible, celle du rassemblement et du respect. Elle se met en place au sein de l’Atelier International du Grand Paris (AIGP). Elle prévaut surtout au sein de Paris Métropole qui, en regroupant aujourd’hui 200 collectivités, constitue aujourd’hui le premier vecteur de la dynamique dont notre métropole a besoin.

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