ACTUS

Retirer le projet du Grand Paris

23 mars 2010

PARIS, 23 mars 2010 (AFP)


Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, demande le retrait du projet de loi du Grand Paris qui revient au Sénat le 6 avril après son vote à l’Assemblée, jugeant qu’aux régionales, les Franciliens “ont sanctionné la démarche de l’Etat”.


QUESTION: Le scrutin régional doit-il avoir des conséquences sur le dossier du Grand Paris ?


REPONSE: “Bien sûr. Les Franciliens ont sanctionné la démarche de l’Etat, technocratique, hyper centralisée, peu respectueuse de la légitimité des élus locaux. Le choix exprimé par le suffrage universel devrait, en toute logique, entraîner le retrait du projet de loi actuel. Son contenu doit être reconsidéré dans le sens d’une vraie logique partenariale.

C’est pour cela qu’avec la Région et plus d’une centaine de collectivités, nous avons créé Paris Métropole. En y associant évidemment l’Etat, nous souhaitons élaborer des réponses aux vraies questions des citoyens: logement social, aménagement urbain, emploi, développement durable et bien entendu, déplacements. Sur ce point, nos collectivités, sous l’impulsion de Jean-Paul Huchon, mobilisent 12 milliards d’euros pour un plan efficace. Que l’Etat prenne sa part!”


Q: Vous aviez pourtant approuvé le discours de Nicolas Sarkozy traçant l’ambition du Grand Paris…


R: “J’avais accueilli positivement l’état d’esprit ouvert qu’il avait manifesté en reconnaissant le rôle des élus locaux et de Paris Métropole. Malheureusement, le décalage est saisissant entre les engagements et la réalité. L’Etat prétend concevoir, imposer et dessaisir les collectivités de toute capacité à écrire leur avenir. C’est inacceptable.

A la Cité de l’architecture, des projets remarquables ont été présentés. Comment faire fructifier ce formidable potentiel ? L’Atelier du Grand Paris doit exister pour +métropoliser+ les projets. Mais en aucun cas, devenir le bras armé de l’Etat qui définirait à la place des élus la stratégie urbaine adaptée.

Cela implique un pilotage de l’Atelier à égalité entre l’Etat et les collectivités pour des décisions conjointes. C’est la condition de notre participation à cette structure”.


Q: En matière de gouvernance, le statu quo est-il souhaitable ?


R: “Il faut évoluer. Mais la bonne méthode n’est pas la condescendance. Quand le président évoque le +petit Paris+ en le comparant à Venise, sait-il que la capitale produit 10% de la richesse nationale ?

Nous proposons une démarche constructive, consistant à réconcilier les territoires, agréger leurs atouts. Paris Métropole doit être le lieu démocratique de débat et d’élaboration de cette ambition. Il faut donc faire grandir cette instance en accueillant de nouveaux partenaires de toute sensibilité et faire évoluer le statut de ce syndicat, avec des modes de coopération souples, sur le modèle allemand des IBA: traitement ciblé des dossiers, sur un périmètre donné, avec des instruments adaptés et limités dans le temps”.



Propos recueillis par Philomène BOUILLON et Corinne DELPUECH

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